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SALOMÉ,
LE
PETIT RAT DE l'OPÉRA
(remitted
Easter 1990)
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Traitons différemment l'histoire de Salomé, trop souvent
réduite à une bluette, en utilisant les "explicateurs" pour
montrer que
le
niveau de leur "cosmosophie", (conception du monde), conditionne leur travail,
de bas-étage généralement,
même pour des écrivains supposés remarquables. Qu'allaient-il
faire dans cette galère? "Si Zeusio n'existe pas, il faut l'inventer..."
Mon "dressage" comporta des vacances avec le "directeur
du journal le mieux fait selon le gouvernement français, (avant
1900 et longtemps après). Peut-être pressé de transmettre,
(ce qui est mon problème actuel), il transformait toutes nos rencontres
en "comité de rédaction", même lorsque je le conduisais
en voiture. Il m'apprit à lire un événement. Ce genre
de lecture est nécessaire en toutes circonstances, et les
scientifiques sont nos maîtres: j'insiste beaucoup sur la "lueur
de Branly", (qui a mené à la télévision et
Internet), et la "poussière de Fleming, (qui a ouvert la pharmacie
moderne). "Life is solving problems", (Popper, of course). Donc tout est
occasion d'améliorer sa créativité. Avec une réserve:
il semble que certains enfants, semi-normaux, un peu autistes, transforment
un besoin d'ordre, (qui les pousse aux "liturgies"), vers un besoin presque
maladif de résoudre tous les problèmes qu'ils rencontrent.
Sinon, ils ne dorment pas: Newton, Branly, Einstein, Vinci, Edison, etc...
Donc, comme pour tous les problèmes rencontrés et momentanément
résolus, établir les faits et les anomalies dans la légende
de la petite Salomé:
- Époque : pratiquement l'année où le prophète
a prédit la venue d'un Messie,
probablement une année
de jachère qui met le peuple en chômage "technique".
- Jean-Baptiste, arrêté depuis un an, (à l'ombre ?).
- Ses "disciples", du genre sicaire, peuvent le voir et servent d'intermédiaires
avec Christ, qui les embauche (ou les débauche?).
- Hérode, fin calculateur, va offrir "bêtement" pour une danse
la moitié de son royaume (il essaie de devenir roi mais
ne l'est pas).
- Hérodiade, la méchante, "la seule à vouloir la mort
du saint homme".
- Sa fille, gamine de 10-12 ans;
- Dans l'ombre, Jéshouah-joKriss, qui rivalisera avec l'assassin
pour louanger le "Décollé"...
Changeons
l'ordre habituel et commençons par rendre visite aux autorisés
de l'Imprimatur.
Bachelard dirait :
"La
quantité de choses qu'ils savent, nos théosophes !
Qui
peut bien les renseigner ?".
I
Llueur de temps en temps. Mais tous retombent vite dans l'explication
immédiate et facile; qui leur apprendra à poser des
hypothèses de recherche, avec volonté de casser...
puis introduire de nouveaux faits...
Parmi tant de textes que je considère pernicieux et déroutants,
Girard, (note 1), mérite un
prix spécial...
Renan, (que certains seront surpris de trouver dans cette
liste), est toujours un mélange d'intuitions et de naïvetés,
(note 2);
Mauriac rentabilise son Nobel, (note
3);
Daniel-Rops rendit jaloux Mauriac, pour le fric trouvé
dans le Testament mais
n'obtint jamais un fauteuil
académique, (note 4);
Innombrables les auteurs qui semblent souffrir du "prurit and publish"
(note 5, Aveugles mais besogneux). Depuis, ils
se sont multipliés, surtout des romanciers qui se sentent plus qu'à
l'aise dans cette créactivité...
Ensuite, nous ferons notre synthèse.
Note 1, Girard, "Le Bouc
Émissaire", Grasset 1982.
Girard jongle avec l'art de remplir des phrases creuses avec des mots
vides, coutume très prononcée de la philosophie d'aujourd'hui.
Créateur d'un dogme, le caméléonisme, il en tire des
visions dithyrambiques :
"Cette force de révélation existe et nous savons tous
qu'elle existe, mais au lieu d'y
voir CE QUE JE DIS,
la plupart d'entre nous y voient la force d'occultation par excellence.
C'est là LE PLUS GRAND MALENTENDU DE NOTRE CULTURE...
(voir chapitre, "Maîtres Mots de la Passion Évangélique",
page 152).
Le nouveau prophète, avant de réparer nos erreurs, prend
les précautions très courantes
chez les théophiles
: "Les Évangiles, il faut l'avouer, donnent un relief qui
peut paraître excessif à des morceaux de psaumes, parfois
à des lambeaux d'un intérêt intrinsèque si faible,
semble-t-il, et avec une telle itude
(on nous la servira cette itude)
que leur présence ne se justifie pas, à nos yeux, par
leur signification propre..." (On croit retrouver les "peut-être"
du vieux Freud nous expliquant Moise).
"Que doit-on conclure par exemple quand on voit Jean (15,25) rapporter
solennellement à la condamnation de Jésus la phrase... Et
l'Évangéliste insiste lourdement. Le rassemblement hostile
de la passion s'est fait, nous dit-il, pour que soit vérifiée
cette parole de l'Écriture... La maladresse de la formule
stéréotypée renforce notre suspicion. La phrase
est si banale, son application si évidente..." page 154. (Nous
avons réglé et évacué le problème des
citations bibliques avec Matthieu).
Donc Hérode a tué Jean-Baptiste, "à cause d'Hérodiade,
la femme de Philippe, son
frère...". Le plus difficile
à encadrer, c'est la Salomé, pièce centrale
sur l'échiquier car l'Évangile certifie qu'elle n'est
qu'une "fillette".
Raisonnement girardien : "Une fois épousée, Hérodiade
perd toute influence directe sur son mari. Elle ne peut même
pas obtenir de lui qu'il fasse mourir un insignifiant petit prophète.
Pour parvenir à ses fins Hérodiade doit reconstituer
en se servant de sa fille une configuration triangulaire analogue
à... etc..." Donc Salomé danse. Hérode lui fait un
serment : "Demandes-moi ce que tu voudras... fut-ce la moitié
de mon royaume..." La mère souffle... la tête de Jean-Baptiste.
Rentrant aussitôt en hâte auprès du roi, "Je veux
que tout de suite... sur un ..."
Maitresses-phrases de M. Girard, suffisantes pour voir clair: "L'offre
d'Hérode déclenche quelque chose d'étrange. Ou plutôt
l'étrange est qu'elle ne déclenche rien... Salomé
reste silencieuse... Salomé n'a pas de désir à
formuler... les enfants ne savent pas désirer et ils ont besoin
qu'on leur apprenne..." Pourquoi Salomé ? "Ni Marc,
ni Matthieu ne donne le nom de la danseuse. Nous l'appelons Salomé
à cause de l'historien Josèphe qui parle d'une fille
d'Hérodiade ainsi nommée..." Peut-être que notre théosophe
a lu Josèphe à travers le collègue in commentaribus,
Saint Lagrange, le Grand
Observateur Aveugle.
"Salomé ne serait-elle pas seulement une intermédiaire passive,
une enfant docile qui... Elle est beaucoup plus et la preuve c'est
sa précipitation... Son incertitude disparaît et elle
change du tout au tout. Les observateurs
attentifs, tel le père Lagrange, ont bien noté cette
différence d'allure mais ils n'ont pas compris ce qu'elle signifiait.
(Seul le RP Girard pige les paroles divines et Dieu merci il ne demande
qu'à détailler sa vision !)
"Aussitôt, en hâte, tout de suite... Ce n'est pas sans intention
qu'un texte aussi avare de détails, multiplie les signes d'impatience
et de fébrilité... Le roi, dégrisé, pourrait
revenir sur sa promesse. (Suivent des pages et des pages, parce qu'il
faut prouver qu'il y a "transfert" du désir d'Hérodiade
dans sa fille... On croit lire Freud nous grondant d'avoir mangé
Grand'Père sans le rôtir).
Pas facile la chansonnette du nouveau Pascal. L'empêcheur de tourner
en rond, celui qui a farci les Evangiles de citations bibliques, c'est
le "Matthieu". (Nous avons vu que
ce "farci" est la base du Break-Evacuation le plus fertile). "Ce
schématisme déconcerte tous les commentateurs. Matthieu
le premier n'en a pas voulu; entre l'offre d'Hérode et la réponse
de Salomé il a supprimé l'échange de la mère
et de la fille; il en a vu la gaucherie; il n'en a pas reconnu le
génie... simplement, la fille est "endoctrinée" par la
mère, et c'est à l'interprétation correcte de ce qui
se passe chez Marc, mais elle nous fait perdre le spectacle saisissant
d'une Salomé métamorphosée d'un seul coup, mimétiquement,
en une seconde Hérodiade.", page 196. (Le dogme du caméléonisme
s'appelle également "mimétisme". Freud est mort, vive
Freud ! Moi, je préfère la farce-Matthieu, arrosée
au Vieux-Noé). Et saint Girard retrouve la itude
! "Salomé n'y ajoute qu'une chose et c'est l'idée de
plat...
Hérodiade avait mentionné la tête mais elle n'avait
pas mentionné le ...
Le constitue
le seul élément nouveau... Tout repose indubitablement,
sur ce ...
Mais est-ce vraiment une idée originale au sens moderne de
la nouveauté ?... Cette tête fraîchement coupée
il faudra bien la mettre sur quelque chose et le plus raisonnable
est de la poser sur un ...
C'est la itude..."
(t'as raison).
Pour l'honneur de la Cuisine française, une voix s'élève
et lui fauche son
!
"Sur un ",
pinax, le mot d'emprunt le plus succulent, en effet et l'épisode
acclimatée. En hébreu, il devient PNQS (ou PYNQS), non pas
le ""
mais le "registre", la "tablette", le "livre de comptes du marchand,
du recenseur, du scribe"; ce terme comme emprunt justement est parallèle
à TBL, du latin tabula ou tabelle, Même sens ("la tablette")...
Mais nos traducteurs de services, eux, n'ont pas la moindre notion
de ce genre de difficulté : tout à leur grec des Évangiles,
des Épîtres et de l'Apocalypse à grands coups
de dictionnaire grec ! Et là-dessus - sur ce faux grec pris
pour une langue pure- se concocte l'exégèse... etc...
Dubourg, "L'invention de Jésus", tome I, chapitre
intitulé : "Mots d'emprunt dans le
plat (René Girard s'attaque
aux évangiles"
La page 165 de ce livre intéresse votre hypothèse de recherche:
"Je ne suppose plus, j'affirme... ces textes n'ont pu être
pensés, rédigés et confectionnés que
POUR DES LECTEURS HEBREUX ET PAS POUR DES GENTILS ET PAS NON PLUS
POUR DES JUIFS, A LA PHILON, AYANT PERDU L'USAGE DE LA LANGUE SACREE..."
D'accord, après évacuation des ajouts de nos mouilleurs de
lait. Et nous regarderons les simili-théories exploser.
Note 2, version Renan :
Pendant que la joyeuse Galilée célébrait dans les
fêtes la venue du bien-aimé, le triste Jean, dans sa
prison de Machéro, s'exténuait d'attente et de désirs.
Les succès du jeune maître... On disait que le Messie prédit
par les prophètes... Jean voulut s'enquérir de la vérité
de ce bruit, et, comme il communiquait librement avec l'extérieur,
il envoya deux "partisans" à Jésus :
"Les deux disciples trouvèrent Jésus au comble de sa réputation.
L'air de fête qui régnait autour de lui les surprit.
Accoutumés aux jeûnes, à la prière obstinée...
"Es-tu celui qui doit venir ? Devons-nous en attendre un autre ?"
Jésus, qui DES LORS N'HÉSITAIT PLUS GUÈRE SUR SON
PROPRE RÔLE de messie,... "Heureux donc, ajouta-t-il, celui
qui ne doutera pas de moi !" On ignore si cette réponse trouva
Jean-Baptiste vivant, ou dans quelle disposition, elle mit l'austère
ascète. Mourut-il consolé et sûr que celui qu'il
avait annoncé vivait déjà, ou bien CONSERVA-T-IL
DES DOUTES sur la mission de Jésus ? Rien ne nous l'apprend.
En voyant cependant SON ÉCOLE SE CONTINUER PARALLÈLEMENT
aux Églises chrétiennes, on est porté à croire
que, malgré sa considération pour Jésus, Jean
ne le considéra pas comme ayant réalisé
les promesses divines... ("Vie de Jésus", Gallimard, pages
243-244). "Sa fille Salomé, née de son premier mariage, et
comme elle ambitieuse et dissolue (à dix ans !), entra dans
ses desseins... Hérode le Grand donna un festin, durant lequel
Salomé exécuta une de ces danses de caractère
qu'on ne considère pas en Syrie comme messéante à
une personne distinguée. Antipas charmé ayant demandé
à la danseuse ce qu'elle désirait, celle-ci répondit,
à l'instigation de sa mère : "La tête de Jean sur un
plateau." Antipas fut mécontent; mais il ne voulut pas refuser.
Un garde prit le plateau, alla couper la tête du prisonnier
et l'apporta.
"Les disciples du baptiste obtinrent son corps et le mirent dans un
tombeau. Le
peuple fut très mécontent...
"Le décolleté d'Hérodiade, (quel détail,
je n'invente pas) ouvrit l'ère des martyrs chrétiens...
son cadavre mutilé, étendu sur le seuil du christianisme,
traça la voie sanglante où tant d'autres devaient passer
après lui...", Renan, "Vie de Jésus", Gallimard, page 248.
(Évidemment, l'histoire écrite de cette manière
devait rassurer Hérodiade de Montijo. Il y eut même
des prêtres convertis par cette "Vie de Jésus" ! Il faudrait
au moins que Renan s'étonne de cet acharnement sur un détenu
peu dangereux alors qu'un "messie" ameute les foules...)
Donc : "Je pense que LES PRINCIPAUX APÔTRES AVAIENT ÉTÉ
DISCIPLES DE JEAN-BAPTISTE avant de l'être de Jésus..."
("Vie de Jésus", Gallimard, page 434.
Réaction du "messie" : "Jésus, craignant de la part d'Antipas
un surcroît de mauvais vouloir (?), prit quelques précautions
et se retira au désert... A partir de ce moment, Jésus
ne parla plus de Jean qu'avec un redoublement d'admiration..." (Une
disparition de Jésus, chasseur de Lucifer, c'est le bouche-trou
habituel mais POURQUOI cette harmonie d'opinions avec Hérode
?). "Vie de Jésus", Gallimard, page 245.
Note 3, version Mauriac,
"Vie de Jésus", Flammarion
"De lui-même, il ne l'eût jamais mis en prison et ne céda
qu'aux instances d'Hérodiade. Peut-être même le
fit-il pour le mettre à l'abri car, nous dit saint Marc, Hérode
le vénérait, suivait ses conseils en beaucoup de choses
et l'écoutait volontiers... Hérodiade..., à
la fin du repas, appelle l'ENFANT Salomé pour qu'elle danse;
c'est une PETITE FILLE qui lui est née de son premier époux...
Même les adorateurs du vrai Dieu, dans cette salle, attachaient
sur ce jeune reptile, des yeux dévorants... "Que demanderai-je
?" Hérodiade répond : "La tête de Jean-Baptiste".
L'enfant Salomé ne fut pas étonnée le moins du monde,
ni choquée... Le roi fut constristé... Jean-Baptiste
connaissait enfin la joie, et savait qui était cet Être
devant lequel il avait marché sur la terre; et il le possédait."
(odeur délirante de Tiers-Ordre), pages 112-115.
Note 4, version Daniel-Rops,
rival de Mauriac en Jésus : "Le tétrarque jouait au mieux:
il était fin "renard"
suivant un mot de Luc (XII, 32). C'est ici que l'EXPLICATION
PUREMENT POLITIQUE de
l'événement proposée par Flavius Josèphe
(malheureusement ce dernier
n'est pas un amateur), paraît insuffisante: "Hérode
craignant que l'autorité
de Jean n'entraînât tel ou tel de ses sujets à
la rébellion,
préféra le
supprimer, que d'avoir à se repentir d'une révolution. On
comprendrait
mal, si la psychologie
du tétrarque était aussi simple, qu'ayant
arrêté le Baptiste
en
mai 28, il eût attendu mars 29 pour le tuer. Ce n'était
pas des geôles de
Machéronte que saint
Jean pouvait avoir une action aussi efficace pour inquiéter
le
petit tyran. Tel qu'il est
raconté dans l'Évangile (Marc, VI, 14, 29; Matt. XIV.,
3, 12),
l'épisode est vraisemblable.
La vraie cause de la mort du prophète, ce fut la rancune
d'Hérodiade qu'il avait
flagellé du terme d'adultère...
"Hérodiade, avec sa fille Salomé, très jeune adolescente...
figure étrange... Elle avait TREIZE ou QUATORZE ans... Flaubert
décrit une danseuse en caleçons noirs semés
de mandragore... petites pantoufles de colibri... les sculptures
de la cathédrale de Rouen... les danses bédouines...
Ouled-Naïl... "Que veux-tu ?"... "Une tête sur un plat"... Le
roi fut contristé... il avait juré... Débarrassé
de la menaçante présence, le tétrarque ne se
sentit que davantage menacé par la voix de saint Jean. Elle
était devenue celle de sa conscience. Il croyait aux revenants..."
(Incapable de saisir l'importance du "transfert des disciples" et le
travail de débauchage). Daniel-Rops, "Jésus en son
temps", Fayard, page 213 et suite.
Note 5, Aveugles mais besogneux
:
5.1 J. Cl. Barrault, (seconde
période, "athée") :
"Hérodiade, la femme d'Hérode, était acharnée
à la perte du baptiste, sachant qu'il dénonçait
à
grands cris son adultère du fond de sa prison.
Elle voulait le faire mourir mais n'y parvenait pas... Hérode donna
un banquet... La fille d'Hérodiade entra et dansa. "Danse
encore, lui cria le tétrarque; montre à nos invités...
Salomé a QUINZE ans... tout en dansant, elle se mit toute
nue... J. Cl. Barrault, "Les mémoires de Jésus", Lattès,
page 89, (roman copié de l'anglais, présentant Cana
comme la noce de Magdeleine et Jésus).
5.2 Le minus de saint office
:
"CE RÉCIT VIVANT N'APPELLE GUÈRE DE COMMENTAIRES... Elle
(Hérodiade) épousa d'abord Philippe son oncle, dont
elle eut une fille, celle qui dansa au banquet et dont nous savons
par les historiens qu'elle s'appelait Salomé..." (Extrait
de "Comment lire un évangile, saint Marc (titre que je n'invente
pas)", page 108, Seuil.
5.3 White, "Jésus-Christ",
Ed. S.D.T., 1975, pages 207-208.
"Hérode proposait de le libérer... Hérodiade eut recours
à un stratagème... Salomé était DANS
LA FLEUR DE SA JEUNESSE (âge peu compromettant !)... Le roi
promit tout ce qu'elle voudrait... La tête... Hérode
fut étonné et confus... saisi d'horreur... avait engagé
sa parole... l'honneur des convives... Si l'un d'eux eut proposé
de ne pas tenir compte de la promesse faite... Ils connaissaient
Jean comme un homme innocent... trop hébétés...
Personne n'éleva la voix pour sauver la vie du messager...
envoyé par le ciel... La musique et la danse les avaient étourdis...
Hérode consentit à regret... Les
orgies de la nuit avaient coûté la vie à l'un des
plus grands prophètes... Combien de fois une vie
innocente... "Moqueur est le vin, bruyante la boisson... etc... (L'auteur
tient le crachoir durant 866 pages).
5.4 Papini, "Histoire de
Jésus", 1921 :
"A cette époque, Jean-Baptiste se faisait connaître dans le
peuple. Le prophète laissa échapper quelques paroles
de condamnation contre les deux incestes adultères, ce qui
suffit pour qu'Hérodiade persuade son mari de l'arrêter
et de la faire incarcérer dans la forteresse de Machéronte.
Tous savent comment l'immonde Hérode, excité par la
débauche de la tendre Salomé et pensant peut-être
à un nouvel inceste, fut forcé de lui offrir la tête
chevelue du prophète dans un plat d'or.
"Mais l'ombre de Jean, même décapité, le tourmentait,
et quand on commença à parler de Jésus et de
ses miracles, Hérode dit à ses courtisans: "C'est Jean-Baptiste
ressuscité." (Plus débile? est- possible!)
Note 6, créativité
(par analogie, cette recette du pauvre d'esprit) :
"Notons les détails qui font de ce récit un parallèle
de la passion de Jésus. Le moment favorable pour exécuter
Jean est un jour de fête, (6,21) comme ce sera également
le cas pour Jésus (15,6, 14,2 et 11). Hérodiade n'arrive
pas à convaincre Hérode; au procès de Jésus
les grands prêtres aboutissent à une même impasse
devant Pilate (15, 1-15). C'est l'intervention de sa fille qui permet
à Hérodiade de frapper l'innocent; c'est par l'intermédiaire
de la foule que les grands prêtres arriveront à leur
fin. Hérode, séduit par la danse de la petite fille, fait
un vœu...
Pilate qui ne fait que suivre la coutume propose à la foule une
alternative (libérer un condamné) dont il est le dernier
à saisir la parfaite ambiguïté. La foule, poussée
par
les grand prêtres (comme
la fille par la mère) choisit de libérer Barrabas...
Hérode, victime de son serment... Pilate, à son tour,
est lié par la coutume de relâcher un prisonnier... Une
finale, de part et d'autre, irrémédiablement fatale.
"Au milieu de la Fête, la tête de Jean-Baptiste est servie
sur un plat; au cours de la semaine des Azymes, Jésus, réunissant
les siens, prélude à sa fin, en rompant le pain...
coupe de vin... son corps et son sang... à manger et à
boire...
Standaert, "Évangile selon Marc", Lire la Bible, CERF, pages 65-66.
(Sûr, à boire et à manger ! le micro trouve davantage
de parallèles, plus exactes, plus
vite; voir chapitre "Doubles").
_Tentative
de synthèse partielle :
Bien des lueurs déjà par simple balayage sur le nom d'Hérode.
Pour un exercice QI digne de ce nom, il faut alimenter le cerveau
droit : au minimum les écrits de Josèphe dit Flavius,
un véritable mystère historique à lui seul;
digne d'un exercice QI.
Quelle est la partie et la période la mieux connue de toute
l'antiquité? Incroyable, c'est la Palestine au temps de Jésus-Christ
! Pour le moment ce qu'apporte cet évangéliste non
reconnu, c'est la capacité politique des Hérodes, de
grand-père en petit-fils. Entre autres missions : évacuer
les Messies qui apparaissent à chaque mise en jachère et
s'appuient sur une légende livrée avec clef de calcul.
Or nous sommes arithmétiquement à l'année prédite.
Même le centurion Barbius, feldwebel près de Cana, est
sur les dents. Analogies pour Français , "les sanglots longs des
violons...".
Qui est ce Baptiste ? la Galilée s'affole; le sanhédrin de
Jérusalem lui rend visite (moi, j'aimerais l'opinion du Joseph d'Arimathie
et de son copain Nico).
Pour réussir un examen, se mettre dans la peau de l'examinateur.
Revivez le casse-tête d'Hérode, coincé entre un Pilatus,
pas trop ami, et ces Galiléens, qui se sont déjà
soulevés vingt fois, sans attendre la date biblique... (peut-être
parents de notre Astérix, des Galates de saint Paul, des Galiciens
et Gallois; tous descendraient d'une tribu originaire de Roumanie).
Les riches du coin, des "collabos", attendent. Qui va souffler une
solution pour liquider un "prophète" ? sans créer une émeute
dans le populo gauloiléen.
Vraiment la marge d'Hérode est mince. Alors, on monte la très
utile fête de la "décollation", avec banquet,
convives et "danseuse"; Hérode amorce, "demandes ce que tu
veux". La môme ne comprend rien. Elle aime à danser,
se faire admirer; elle danse, pour une bise, une orange. "Combien
de sucres d'orge, c'est un "demi-royaume" d'un beau-père qui n'est
plus roi?" Elle sait aussi que, pour une vraie danseuse, la danse
n'est pas conclusion mais début. Elle court vers sa mère.
Hérodiade, de mèche, souffle "la tête", (note
A, le mariage chez les Hérodes). La gamine se précipite,
pour ne pas "manger la commission"; la demoiselle est éduquée,
couper une tête, pas son affaire; mais ne pas salir le tapis le jour
du premier bal : liquidation contient liquide ! elle vient d'avoir
ses règles ("peut-être", je ne suis pas théophile
à vision étendue); elle pense "un plat".
Hérode, "obligé par serment", ne peut se dédire "à
cause des convives. Plus fort que le nœud gordien. Enchaînement
: "Votre tour, mes salauds; allez dans tout le pays prêcher
la bonne nouvelle. Le "roi" ne désirait pas la mort de son
ami prophète. Mais serment "royal", faut pas lui en vouloir!
faut pas vous soulever pour un incident de cour et de parcours !"
Plus tard, lorsque les gens demanderont qui est Jésus, (Marc, 6,
14-· 16), Elie ? Jérémie? le meurtrier va ronronner
: "C'est Jean que j'ai fait décapiter, qui est ressuscité."
Hérode, un méchant ? il va protéger votre Jésus
! Plus tard, il lui donnera un beau manteau.
Les commentateurs de saint-office nous ont fait perdre une tragédie
plus belle qu'Athalie: l'opposition Hérode-Salomé,
entre l'innocence qui aide le crime et le calcul politique qui triomphe
et la pureté qui patouille dans une mare de sang; opposition
entre une "présentation" à la cour et une machination
infime mais subtile au point que personne ne l'a vue durant 2000
ans (note B, Hérode le Piteux). Alors,
confier le rôle de Salomé à une sauterelle d'Hollywood,
c'est un crime historique.
J'espère prouver mes qualités d'ex-prof en montrant le raffinement
de ce texte. C'est de la photographie. Le narrateur ne pouvait inventer
la précision des détails ! Girard exploite l'agitation
fébrile de la pucelle sans penser au trac de la première
danse en public.
L'épisode n'a qu'un seul intérêt : créer une
hypothèse, acceptable déjà. Maintenant, casser
en introduisant d'autres faits; pas forcément Cana mais le
défilé de Rameaux, la "flagellation", ou la "crux-fiction".
Si le montage explose, nous construirons une nouvelle théorie,
plus solide. A un moment, elle produira le phénomène
que je tiens comme mon apport au poppérisme: "La preuve d'une
thèse valable est qu'elle fournit plus que la réponse
attendue". Qui cherche le poivre trouve l'Amérique !
Dès cette étape, nous pouvons aider les auteurs cités
en notes! Normal : il n'est pas possible d'écrire l'histoire
en traitant chaque ligne individuellement. On commence à
comprendre que Christ (Christ-historique)
récupère les disciples de Jean (des sicaires, des terroristes),
qu'il s'rivalise avec Hérode, (note
C, complicité ?), pour louer le "disparu", lequel n'est
"décollé" qu'au bout d'un an, que le Messie-repreneur, cent
fois plus dangereux, n'inquiète pas; etc... En prime un des plus
beaux récits de la collection, massacré par nos explicateurs.
Insister serait traiter le lecteur d'imbécile. Analogie pour ceux
qui n'ont pas compris? pensez aux Trotski, Darlan, Rohm, Sanjurjo...
Reconversion pour le Baptiste : saint patron des "Ecartés"...
Note A, le mariage chez les
Hérodes
Bon conseil, douter de la vengeance d'Hérodiade pour justifier
l'assassinat : "Les dénonciations obstinées... devaient surprendre,
voire agacer, nombre de Juifs car ce genre d'union avait quasiment
été la règle dans la dynastie hérodienne,
dont presque tous les membres avaient épousé des nièces
ou des tantes." Méssadié, page 190. - *
Note B, Hérode le
Piteux
Hérode, "personnage piteux... son rôle unique dans l'histoire
de Jésus est d'avoir accéléré la prise
de conscience de celui-ci en faisant sordidement exécuté
le Baptiste." Méssadié, page 256. Par la suite, nous
trouverons un penseur pour nous fabriquer un Pilate la Trouille-de-son-ombre.
Note C, complicité
?
Autre bonne remarque : "Jésus ne se laisse jamais aller à
des conspirations contre Hérode." Mais mauvaise interprétation
: "Est-il instruit par l'exemple ?" Méssadié, page
214. Personnage vraiment secondaire dans cette mise en route du "plan
Galilée", Jésus se retire au désert; par peut
d'Hérode selon évangile autorisé. Selon le principe
qu'il faut toujours "ouvrir", deux hypothèses de recherche
: rôle de Pinocchio, chargé, par tire-ficelles à
découvrir, de récupérer les "sicaires" de J.B.? fuite
devant ceux qui ont flairé plus vite que le Petrus ?