L'invention de la Caisse
à Yaccoub confirme l'existence de deux groupes, l'un réel,
celui d'Arithmatie, et l'autre pure élucubration, celui de
Nazareth, chacun avec son Josèphe, (charpentier contre éminence
grise embaumeuse), son Jacob, ("majeur" et "mineur"), son Messie, (Jeshouah
ou joKriss), ses écrivains. Mais à Jérusalem, on n'en
trouve qu'un, probablement nommé Matthieu, axé "urbi", ignorant
"orbi". Il va reculer la destruction de Jésushalom de trente ans,
juste en argumentant:
"Le Messie est venu! Il a fait tout ce
qui était prévu.
Tout ce qu'il a fait était prévu!
Ne cherchez plus..."
Voici donc le texte remis à
France-Curaille à Pâques 1990. Se réveiller aujourd'hui
est un peu tard...
Le pétrole et les évangiles
continuent de se fabriquer sous nos yeux:
"Oh Dios !, ten compasiòn
de este pecador. Os digo que esté bajò a su casa justificado
y aquél no. Porque todo el que se enaltece serà humillado
y el que se humilla serà enaltecido. La falsa humildad es el disfraz
de la soberbia, hipocresia refinada que se humilia en apariencia para ser
encumbrada por los demàs"...
(tiré de "L'Agenda de la Perfecta Ama de Casa", réédition
1989; distribué gratuitement outre-Pyrénées, avec
horoscopes, recettes de cuisine, et suggestion pour conserver les manteaux
de daim).
Renan raconte comment fut confectionné
le Testament : Selon un certain Eusèbe, grand collectionneur de
souvenirs, "Papias mentionne deux écrits sur les actes et les paroles
du Christ :
1. un
écrit de Marc, interprète de l'apôtre Pierre,
écrit court, incomplet, non rangé par ordre chronologique,
comprenant des récits et des discours, composé d'après
les renseignements et les souvenirs de l'apôtre Pierre;
2. un
recueil de sentences, écrit en hébreu par Matthieu,
"et que chacun a traduit comme il a pu".
Il est certain que ces deux descriptions
répondent assez bien à la physionomie générale
des deux livres appelés maintenant "Évangile selon Matthieu",
"Évangile selon Marc", le premier caractérisé par
ses longs discours, le second surtout anecdotique, beaucoup plus exact
sur les petits faits, bref jusqu'à la sécheresse, pauvre
en discours, assez mal composé.
Cependant, que ces deux ouvrages tels
que nous les lisons soient absolument semblables à ceux que lisait
Papias, cela n'est pas soutenable : d'abord parce que L'ÉCRIT DE
MATTHIEU selon Papias SE COMPOSAIT UNIQUEMENT DE DISCOURS EN HÉBREU,
dont il circulait des traductions assez diverses, et, en second lieu, parce
que l'écrit de Marc et celui de Matthieu étaient pour lui
profondément distincts, RÉDIGES SANS AUCUNE ENTENTE, et,
ce semble, en des langues différentes. Or, dans l'état actuel
des textes, l'Évangile selon Matthieu et l'Évangile selon
Marc offrent des parties parallèles si longues et si parfaitement
identiques, qu'il faut supposer, ou que le rédacteur définitif
du premier avait le second sous les yeux, ou que le rédacteur définitif
du second avait le premier sous les yeux, ou que les deux ont copié
le même prototype.. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c'est
que, ni pour Matthieu, ni pour Marc, nous n'avons les éditions originales;
que nos deux premiers évangiles sont des arrangements, où
l'on a cherché à REMPLIR LES LACUNES D'UN TEXTE PAR UN AUTRE..."
Renan, "Vie de Jésus", Gallimard, pages 73-74.
Un bon point pour Renan et Eusèbe : tous deux prennent
grand soin d'établir que le Pappias est un demeuré. Eusèbe
nous donne une clef de première importance : "Matthieu" rédigea
les "oracles", c'est-à-dire collectionna les "prophéties"
de l'Ancien Testament, pour montrer que son Jésus les avait toutes
accomplies. Donc, on voit l'importance de REMANIER LES PÉRIODES
SUCCESSIVES, LE GROUPE DE JÉRUSALEM, SES BUTS ET SES BESOINS.
Matthieu, collecteur en deniers, est
une pièce essentielle pour la compréhension de l'évangile
historique (note 1, comment évacuer
un contradicteur). Paradoxe qui s'ajoute : le groupe de Paul et Marc désire
et collectionne les détails biographiques que le groupe de Jacques
et Matthieu connaît très bien sans y trouver d'intérêt...
Recette de fabrication : "Beaucoup d'anecdotes étaient conçues
POUR PROUVER qu'en lui les prophéties envisagées comme messianiques
avaient eu leur accomplissement.
Mais... aucun ouvrage juif de ce temps
ne donne une série de prophéties exactement libellées
que le Messie dût accomplir. Plusieurs des allusions messianiques
relevées par les évangélistes sont si subtiles, si
détournées, qu'on ne peut croire que tout cela répondit
à une doctrine généralement admise. Tantôt,
l'on raisonna ainsi : "Le Messie doit faire
telle chose; or Jésus est le Messie; donc Jésus a fait telle
chose." Tantôt, on raisonna à l'inverse : "Telle
chose est arrivée à Jésus; or Jésus est le
Messie; donc, telle chose devait arriver au Messie (note
2, le "coup de la lance")."
Renan, "Vie de Jésus", Gallimard, page 99.
Du
point de vue logique, parfaite illustration d'une méthode
trop employée en religion: la prémisse tirée de la
conclusion: "Les Lumières cause d"Ash-aux-Schwitz!"
Conclusion : Renan est utile lorsqu'il
rapporte un fait. Il nous donne à la fois deux règles d'évacuation,
pour les textes évangéliques et contre lui-même, Renan.
Il nous faut toutefois bien comprendre les possibilités des analphabètes
pour conserver des souvenirs sans trop les modifier (note
3). Quant à la seconde source, dite de Marc, on peut lui
faire subir le même traitement mais que peut-il apporter à
l'évangile historique, notre seul intérêt ? (note
4, synoptiques? mon œil). Un moyen d'échapper aux disputes
continuelles sur les ajouts (note 5).
_
Note 1, comment évacuer un contradicteur
:
Tout en récupérant Salomé,
Girard règle son compte au "Matthieu", le gêneur qui a farci
les Évangiles de citations bibliques. Nous sommes surpris de voir
un grand penseur démarrer une dispute de franciscains : "Matthieu,
rien compris, rien vu; Girard, détenir vérité !" Un
vrai Descartes éclairé à la cire d'abeille.
Le texte de Renan cadre avec notre
théorie générale. Matthieu a une mission dans le groupe
de Jérusalem : Christ a réalisé toutes les prophéties
de la Bible. Ce qu'il a fait en plus s'y trouve également. Il ne
suffit de les chercher. Et n'attendez plus de Messie. Seul celui de Yaccoub
est authentique.
Note 2, le "coup de la lance"
Le coup de lance est un exemple d'évacuation
facile à découvrir. Donc il est intéressant de relever
les incohérences, qu'un mort ne saigne pas comme un vivant, de calculer
la hauteur du crucifié et la position du lancier... mais c'est du
travail primaire. Jacques et son groupe discutait continuellement au Temple
pour prouver que la Messie était venu, qu'il ne fallait plus en
attendre un autre; et tous faisaient la chasse aux citations. Qui collectait
? Matthieu, pourquoi pas ? Seul le mécanisme intéresse :
Le texte de Jean, (19,33-37), est
un aveu : "Venus à Jésus, quand ils virent qu'il était
déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes mais
l'un des soldats, de sa lance, lui perça le coté, et il en
sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage - son
témoignage est véritable, et celui-là sait qu'il dit
vrai - pour que vous aussi, vous croyiez. Car cela est arrivé afin
que l'Écriture fut accomplie : 'Pas un os ne lui sera brisé.'
Et une autre Écriture dit aussi : 'Ils regarderont celui qu'ils
ont transpercé."
On rencontre la récolte Matthieu
dans quantité de textes : "Ils ont compté tous mes os". Réalisé
? évident, nom de Dieu. Pour compter les os, il faut ouvrir. Comment
ouvrir ? avec les moyens du bord ? un coup de lance... Satisfait ? Note
sur note : incroyable, le Jean en a oublié; mais il a laissé
des héritiers : "Le sang Genèse, 4, 10, atteste la réalité
du sacrifice de l'agneau pascal, 1,19; 6,51, et l'eau, sa fécondité
selon l'Esprit." ("Bible de Jérusalem", CERF, 1973, commentaire
page 203).
Merci pour cette démonstration de la "méthode
pour écrire Évangile".
Note 3, les possibilités de l'analphabète
Christ n'a rien écrit et notre
théorie de l'évangile historique doit en donner la raison.
Par contre, comme tout dépend des capacités de conservation
d'illettrés; nous devons comprendre ce qu'ils sauvent et ce qu'ils
négligent. Nos historiens du Moyen-Age ont décrit les prouesses
des conteurs de foires. Je rapporte une démonstration auquelle j'aurais
difficilement cru sans la voir : un jeune muezzin récitant tout
le Khoran d'affilée. Et contrôlé par un ancien qui
n'utilisait pas le Livre. Mais il s'agit déjà de "lettrés".
Le grand prix revient aux prêtres Yourouba, qui remettent leur titre
en compétition chaque année.
Les possibilités de l'analphabète
sont immenses mais il semble limité au détail frappant. Un
grognard rapporte mieux son repas à Waterloo que les mouvements
des Prussiens. Il pourrait même placer cette bataille comme conclusion
de la campagne de Russie. Les contes est le moyen idéal pour enseigner
les langues. Si vous faites participer les enfants, vous reproduisez la
genèse des Évangiles. Christ a reçu un manteau; personne
n'en discute. Marc propose une "chlamyde" de centurion tandis que Maria
prétend que seul un roi peut faire un cadeau au Roi. Donc Jésus
a un manteau. Des couleurs et des donneurs, chacun est libre.
Second problème, la transmission
à travers les années. Dans "Roots", l'auteur raconte comment
il retrouve en Casamance un griot qui récite l'enlèvement
de son ancêtre par des négriers, avant la Révolution.
J'ajoute un souvenir personnel : je passais mes vacances chez un vieux
journaliste. Fanatique des dialectes, il avait participé, dans sa
jeunesse, au mouvement Félibrige et conservait des anecdotes sur
Mistral; lequel écrivit Mireille en 1839. Je crois à la fiabilité
des évangiles, dans les détails...
note 4, Synoptiques ? mon œil
Il s'agit des trois évangélistes
(Matthieu, Marc, Luc), des triplés, qui peuvent se lire d'un même
œil (sens de ce curieux terme). Demandons- à l'Ordinateur de classer
les "",
(accompli), concernant des prophéties du passé: "fulfilled
which was spoken of the Lord by the prophets,... by Jeremiah,... by Esaias..."
et les "fulfilled" portant sur des prédictions futures : "The time
is fulfilled and the kingdom is at hand; repent and believe the Gospel..."What
shall be the sign when all these things shall be fulfilled?" "my words,
which shall be fulfilled in their season."
Nous obtenons un classement significatif
:
|
Prophéties
|
Prédictions
|
|
Groupe de Jacques, (Matthieu 14 2)
|
Groupe de Paul, (Marc 2 6; Luc 8 3)
|
Synoptiques ? mon œil. Le classement correct
devient héritiers de Jérusalem : Matthieu et Jean contre
outsiders, "repreneurs", "marketters" de l'Évangile historique.
Rien à voir entre ces deux groupes; parole d'évangile, qui
ne connaît ni Luc et Marc.
In illo tempore, la justice connaissait
déjà la preuve par témoins. Un balayage dans l'évangile
donne 103 fois "témoin" (witness), 24 "jurer" (swear) et 304 "parole"
(word). Même les Africains ont fini par comprendre. J'ai assisté,
en 1952, à Lomé, à un procès dont la clef de
voûte reposait sur deux personnes, qui répétaient la
même leçon : "Je l'ai vu tel jour à tel endroit.".
L'avocat de la défense les exécuta en demandant : "Date d'aujourd'hui
?" La preuve évangélique est solide : une trinité.
Donc, selon la coutume d'attribuer des animaux aux journalistes inspirés,
offrons aux trois compères, les petits singes bien connus, un bègue,
un sourd et le troisième, aveugle. On comprend également
que la tentative de ramener à un seul évangile, le "diatesseron",
ait échoué. Convaincus? Et passons à cette nuance
capitale en biblologie, entre "essentiel" et "indifférent". Il existe
une curieuse lettre du saint Irénée au "Pape de Rome" lui
disant pratiquement : "Tu fous la paix à mon pote Moon".
Et le "Pontifex", il n'a pas buller. Parce tous étaient égaux
et ne s'imposaient que par le fric qu'ils drainaient. Donc, Irénée,
d'Asie Mineure par origine, ne chercha pas la levée de bouclier.
Aucun évangile ne fut choisi. Un simple constat : la version latine,
la version grecque, la version copte, la version de Palestine. Et comme
aucun avocat ne vint les défendre, ils devinrent "apocryphes" et
le restèrent.
D'autres "trésors" semblables
dorment dans les pages du Testament. Arrêtons-nous sur un phénomène
intéressant, typiquement informatique, cette incitation continuelle
sur d'autres recherches, ("Unended Quest", dirait Popper) : l'ordinateur
facilite ce genre de recherche et aide à découvrir; par un
effet "cinématique", en une seconde, il vous jette au visage le
paquet de citations avec indications pour une suite : nous avons vu la
cas "fulfilled" qui accroche soit "has been" (past), soit "will be". A
notre cerveau droit de saisir au vol et d'exploiter.
Encore un fait, parmi d'autres, repérable
dès Marc-Aurèle, qui reste enfoui durant deux millénaires;
un travail possible avec un crayon, sans déranger le Bénédictin.
Pourquoi des millions de personnes, - on ne peut plus concernées
-, les ont regardés des milliards d'heures sans les voir? Conséquence
de la "réflexion" sur demi-phrase ? de cerveaux burinés par
éducation-dressage ? mythe du "doctor angelicus" ? transmission
de cette "méthode de penser" même aux "non-inscrits", les
soit-disant ou prétendus "athées" et autres "libérés";
de cette pensée occident'orientale, justifiée par sa rapidité
de réponse, valable pour "mesures provisoires"; mais qui nous empêche
de "zoomer", de casser nos "clôtures", de régler les vrais
problèmes. Il est significatif que la "critique scientifique" du
Testament copie la "méthode" du commentaire pastoral, au niveau
iota : "Cette tragédie n'est pas de saint Corneille puisqu'il contient
"chébran ".
Note 5, les ajouts, sources de disputes continues
:
Un "mouillage" des plus curieux trouvé
sur un débris de parchemin : saint Jean, Ière épître,
5,8 : texte original, (id-est à l'origine) :
"Trois
témoignent sur terre, l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois sont
un"
qui devient :
"Trois
témoignent sur terre, l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois sont
un DANS LE CHRIST JÉSUS; ET TROIS TÉMOIGNENT AUX CIEUX, LE
PÈRE, LE VERBE ET L'ESPRIT ET CES TROIS SONT UN.
Autre rallonge. de taille, la finale de
saint Marc, (le seul texte sur l'Ascencion) : "Les versets 9-20, du chapitre
16, "même s'ils ne sont pas de la même main, l'Église
catholique les reconnaît comme canoniques et inspirés. ILS
SONT PAROLE DE DIEU."
("Témoignage de l'Évangile de Marc", B. Rigaux, de Brouwer,
1965, page 53).
"Critiquement parlant, il y a de bonnes
raisons de ne pas considérer 16, 9-20, comme appartenant à
l'Évangile primitif... Des manuscrits très importants, Vaticanus,
Sinaiticus (IVè), minuscule 2386 (XIIè), version latine
k,... (etc...), ne possèdent pas les versets... (Idem par
B. Rigaux, page 53).
Encore une fois, pas de problème
de foi :
l'Évangile garantit l'Église
qui garantit l'Évangile
(garanti par saint Irénée garanti
par son auréole).
Seul nous intéresse le procédé de fabrication.
Raison de démarrer un étiquetage des crus évangélique
: Galilée 42, Jérusalem 53, Tarse 59, Lyon 147, etc...
