Attaque neutre des problèmes

Ma prévision
du débarquement est très significative de mon
attaque
neutre des problèmes.
Lors
de la composition d'histoire-géo, (novembre 43),
j'écoutai
sagement, sans écrire, et portai aussitôt remis une copie
blanche. Tous attendirent mon explication: "Les
Alliés
vont débarquer; il n'y aura pas d'oral. Je travaille le
français."
- "Mais alors, il y aura un des trois sujets pour
l'histoire-géo"
- "Mais ce n'est pas un bac..." Le prof n'a pas menacé de
zéro,
(la protection de Guru peut-être. Mon prof de Lettres, (un
universitaire
qui se cachait des Allemands), apprécia et m'expliqua que
j'étais
"plus mûr". En classe, le contrat fut appliqué et je fus
très
appliqué : le prof ne me fit jamais sécher. En juin 44,
les
Alliés débarquèrent, je passais un "bac
français
sans oral". En novembre 44, je fus premier en histoire-géo. Des
histoires de ce genre, je les collectionne; ce sont mes "coups
Magendie".
Guru avait de la matière pour le Baron.
Qu'auraient fait vos profs? Moi, j'avais
dressé
les miens... Et mon prof principal, un grand universitaire,
apprécia:
il se cachait des Allemands.
Le jour du débarquement, j'allai voir
Marcel:
"Si tu as besoin de monde, je viens".Ce
policier parisien était recherché par la Gestapo pour vol
d'un stock d'armes, (début 42!). Baignoire Lauriston à la
clef, (je signale ce fait à ceux qui déduisent que
l'Amorale
vient de la collaboration). En rentrant à Paris, on lui offrit
un
poste de commissaire. Il reprit son service à son niveau, (je
signale
ce fait à ceux qui réduisent les Français à
un "Français fasciste", de leur choix, à la Goebels). Il
ne pouvait m'embaucher sans consulter "Guru". Niet garanti. Ce dernier
sut me prendre du bon poil: "On manque de fusil,
on les réserve à ceux qui ont fait le service..."
J'ai répété: "J'ai dit, 'si
tu as besoin de monde, je viens. Rien de plus".
Guru fut enchanté
de raconter ma "dernière" à son grand frère.
Peu après, j'eus
l'occasion de mener ma petite guerre. Un Allemand, avec bicyclette et
revolver,
me demanda sa direction. Il ne fit aucun effort pour s'identifier. Moi,
je voyais le revolver et le régiment d'artillerie qui allait
passer,
via Normandie, et l'occasion attendue depuis quatre ans:
"L'occupant, je vais
t'occuper!"
Je confirmai qu'il
était
sur la bonne route, qu'il devait tourner à la seconde
route.
La suite me tourmenta beaucoup: déserteur à aider?
peut-être
alsacien. C'était la route de l'Allemagne, à travers les
bois. Il semble qu'un maquisard de la dernière heure
garnit
sa gibecière.
La semaine suivante,
le régiment annoncé traversa la région. Ils mirent
en batterie un canon à l'entrée du village.
Apparemment,
les "terroristes" avaient provoqué un "échange inside":
la
queue de la tête et la tête de la queue se tiraient dessus.
Avec des fusils de chasse, on ne peut faire plus.
Mon passage
en quatrième fut la cause de mon adoption par le baron.
Et
je suis certainement le seul à avoir abordé la
gestion de manière neutre et directe. Ma "gestion
intégrée" fut possible parce que j'ignorais
toutes
les théories ambiantes et ambulantes. Egalement significatifs,
ma
rencontre
avec ordino, mon traitement de la lecture
globale:
A Pâques 1950,
(mille, neuf cent, cinquante), j'ai foncé à
Genève, chez un certain Dottrens, inventeur de la lecture dite
"globale".
Fana de la phonétique anglaise, je fus peu convaincu, surtout
après
démonstration de la collègue qui "adaptait" la
méthode.
Absolu-te-ly ridicoule. Mais j'ai pratiqué la "globale". En
1978,
les KadaFIS ont barbouillé les panneaux indicateurs et les
plaques
de rues. Très amusant de deviner le connu. J'en ai parlé
avec mon "directeur": ses enfants apprenaient à lire avec cette
méthode. Il la trouvait "extraordinaire"; mais l'arabe est une
langue
qui n'écrit pas toujours les voyelles et qu'il faut "mastiquer".
La "globale" ne vaut rien pour les "langues fascistes", comme le
français
(qui écrit le son "o" de 7 manières), ou l'anglais, (qui
a 7 sons pour le groupe "ough").
_
Comment
expliquer ce réflexe d'attaque directe des problèmes?
Peut-être à
la manière d'enseigner que pratiquait "Guru". Il traitait les
problèmes
au moment où j'étais mûr pour comprendre. On
généralise?
Par la suite, mon prof, (particulier), de philo fit de même. Une
leçon particulière par semaine sur le
problème
qui préoccupe l'étudiant, forme plus que trente heures de
courts cours. Et je repartais avec une douzaine de livres pour ma
semaine...
J'ai longtemps
attribué
mon "intelligence" à mes "locomotives. Pour réaliser le
Plan
de Tonton Cardinal, ils durent renforcer le don inné des enfants
pour la vraie philosophie au lieu de le détruire.
Il semble que le vraie
"prosopamnesie", (une vie sous cloche!), pousse
à
prendre ses décisions seul, comme le Roi-Soleil: "Consulter,
écouter,
décider seul". Et je suis persuadé que la
"pensité",
("pensée + densité"), est le seul chemin pour comprendre
une situation et y porter remèdes, (c'est la définition
de
l'intelligence au 4ème noodigme).
Trois remarques:
- En entreprise,
j'ai évidemment rencontré les "créactivistes", des
money-makers, incapables de planter un clou sans s'écraser les
doigts!
Newton connaît pas. Une véritable mode verbeuse,
heuristique,
créatique... Gros problème: comment rendre
créatifs
des accroupis qui collectionnent les recettes, et les servent
comme
solutions? alors on inventa la "purge". Elle vide les gens et montre le
vide des "créatiqueurs"... Mon attaque neutre mène
directement
à la créativité...
- Il y a plus
difficile. C'est
se remettre en cause. Sur ce point, un "prosopamnésien"
indifférent aux diplômes et aux disputationes, n'a pas de
problème. Je "break" par plaisir, pour faire mieux, pour aller
plus
loin.
- Être
Cassandre
ne rapporte rien; juste à jouer au
Cochon
de La Fontaine.
J'ai beaucoup d'exemples. Par exemple, à
la SONA-X, on me demanda de voir un "candidat méritant ",
(disons
un protégé de colonel). Dans les trois minutes, il
m'expliquait
ce que je devais faire moi-même. Je le déclarais
inutilisable,
tout juste bon à un poste de contrôleur de bicyclettes...
On le nomma " Inspecteur du Matériel " et il mit un bordel
monstre.
Enfin, on reconnut: "Vous aviez plus
d'expérience.
Vous avez vu plus tôt..."
En
Algérie,
j'ai deux condamnations pour abandon de postes. Les PDG,
inaccessibles,
étaient incapables de comprendre l'intérêt de leur
pays. Aucun n'aurait accepté mon petit jeu:
"Comment prenez-vous vos
décisions?
Utilisation des maths?"
Nous étions "conseilleurs
de jeunes cadres". Pour durer et amasser des pétrodollars,
il
suffisait d'admirer cette néo-crassie. Pas mon genre. Mais
démissionner
au bout de six mois, (après travail réalisé
trop vite), alors que tout contrat devait durer deux ans, compliquait
la
vie de celui qui m'avait. Alors "abandon de poste". Je
souris:
la SONATRACH a dépensé en "spécialistes", 70
fois
ce que j'ai coûté pour sortir kle travail...
Jules Ferry avait
créé
"l'école républicaine", (du placage sur
éducation),
pour que les ouvriers sachent lire un "bleu" et les officiers une carte
d'Etat-Major.
J'étais, il y a 50
ans, (et je le démontre), le seul spécialiste des
fausses
religions, (depuis, j'ai beaucoup progressé!)
Ma première journée "en
religion" est typique et parfaitement significative:
On me dit de venir "après-midi".
J'arrive
vers une heure de l'après-midi, (parce qu'en logique autiste,
après-midi
vient treize). Symbole de mon équilibre bignostique, Crampon
sous
un bras, Gros Littré sous l'autre. On me dit de prendre une
chambre
au troisième et rendez-vous à la chapelle à 7
heure.
Je règle mon programme "laïc": chapitre de langue, (russe
à
cette époque), et histoire-histoire, (à cette
époque
la Révolution française de Madelin); puis partie
"manuelle",
technique automobile. Je passais cinq heures sur le "diesel".
Très
utile par la suite en des lieux alors inconnus: Hassi Messaoud,
Kolwezi,
Enugu.
A l'heure dite, chapelle et prêche:
Tu vas mourir, je
vais mourir,
Napoléon est
mort,
de Gaulle mourra!"
(sic!). Je n'étais pas venu pour apprendre
"L'homme est mortel,
Sot-Cratès
est un
homme, ergo...",
mais pour soigner mon bi-gnosticisme...
"Si Jésus
est fils
de Dieu, je dois le servir, où qu'il soit!.
S'IL n'est qu'un
joKriss,
je vais le savoir".
En un quart d'heure,
j'avais
conclu, "Il faudra changer
tout
ça", (et j'étais persuadé que
mon
cerveau pouvait le faire) et j'envisageai sérieusement de
quitter
le soir même mais le Vrai Dieu décide et IL avait
préparé
l'incroyable pour le lendemain.
Je ne fus jamais
"athée",
je convertis les athées au Vrai Dieu, celui de Spinoza, Einstein.
L'agnosticisme, c'est
truc de pétosophe qui chie dans la mangeoire dont il profite sin
verguenza. Mon bignosticisme se traduisit clairement et nettement:
"Je crois en Dieu, ergo
rien
à cirer du thomisme. Ma clef est toujours dans la même
poche.
A quoi ressemble de fouiller les autres? Pour crier en final,
"Euréka,
la voilà!"
On aime? on ne m'aime pas!
Sans le savoir, j'avais
découvert et résolu un besoin en
créativité.
Tous nous avons des "solutions" mais ce ne sont que des recettes. Pour
stopper les bavardages des cercles dits de qualité, (des
amusoires
tourne-en-rond pour justifier des ponctions non justifiables), les
"créactivistes" inventèrent la "purge".
Ensuite
la majorité des assistants sont vidés et vides.
Je ne cherche pas
cette
"purge" mais une ascèse préparatrice. Exemple:
Lorsque je voulus penser l'exclusion, j'ai mis
une allocation RMI dans une enveloppe, avec but de durer le plus
longtemps
possible, (nourriture exclusivement). Au bout de trois mois, il ne
restait
28frs. J'ai obtenu une "pensité", (une capacité de
prendre
le problème), que je souhaite aux minist'Roquets et
minus'Troqués.
Cette préparation
n'est pas suffisante devant un problème. S'agit-il d'un vrai
problème
ou d'un sous-problème, (un side-effect)? Peut-on le coller avec
un problème plus grand, dont la solution résoudra ce
petit?
Le racisme est
certainement
un problème grave. Une opération, d'un siècle
peut-être,
fut déclenchée lorsque le Gestapo arrêta mon
médecin. Je dus chercher durant la première
période
négationniste, (1945-1965), l'époque qui pouvait fournir
des révélations extraordinaires. On n'exigera jamais
assez
d'explications sur ce silence général...
Comment un chercheur
solitaire peut-il "s'auto-purger"? comme
petit
prof dans un collège noir refusant les "petits blancs". J'eus de
tels résultats à l'examen d'Etat français que je
conclus:
"Avec un bébé zoulou, je peux faire un major de
Polytechnique..."
Que dire aujourd'hui?
"Avec un bébé breton, je fais un
cardinal-archevêque
de Paris"? Moi, je suis contre tous les racismes, le "soudard",
l'intello"
et le "sattmiste". Jj'ai commencé tôt parce
qu'adopté
par un milieu de racisme zéro. Mais j'ai
développé,
en insistant sur le soft-racisme, le plus criminel de tous, qui
n'hésite
pas à se masquer en "racisme divinisé". Je les place tous
dans le même sac et j'espère que la
révélation
du "satammisme", du "système
criminel", les fera tous exploser.
A chaque fois, cette "auto-purge" m'a formidablement
récompensé.
Donc, en attaquant la/ma
"prosopamnésie", je flairais qu'il s'agissait d'un sacré
problème: j'y avais réfléchi 12 ans dessus, sans
trop
agir, persuadé que je ne trouverais jamais à qui en
parler.
Quelle "purge" recommander, quelle attaque directe? Le portrait,
à
mon avis, est le grand défi, la pierren de touche, des peintres.
Je me suis inscrit à un cours de dessin. Il est
déjà
remboursé: je visite le Louvres différemment.
