
|
Le directeur de "philosophie
magazine", dans son "maiden speech",
(mai-juin), intronise la trilogie
Matrix comme
"machine
philosophique", avec, à coté, (à
égalité de chances ?), d'une "nouvelle
méthode de réflexion qui s'élabore, qui mêle
librement les outils traditionnels à l'observation
circonstanciée de l'époque..." (moi, je
salive déjà: j'opposerai ma nouvelle logique
post-ordinatique, avec exemples cinglants, sanglants!)
Je considérais comme le
comble de la phientouille le cul-cul-poussette par "chefs coutumiers"
du Derry
Dada à
philauréat
national.[1] Mais le
matriXophisme constitue un cas bien différent: |
Pourquoi
des
'philosophes connus-reconnus' présentent une
élucubration en roue libre
comme une merveille philosophique ?"
Auraient-ils retapé la machine de Saint
Lull@couille ?,
|
(Attention cette "machine"
déclencha le premier
intifada !). Alors je
mise deux euro-tunes sur cet ersatz de la "Guerre des Mondes",
du genre qui saute au nez des swappeurs imprudents.
1/
Résumé de Matrix :
"Le
kung-fu dans la Caverne de Platon... la « singularité
», c'est-à-dire la naissance de la véritable
«intelligence artificielle» est à l'origine du
désastre qui a entraîné l'humanité dans une
guerre meurtrière, suivie d'un asservissement au règne
des machines. Réduits à l'état de larves ou de
piles électriques, les hommes sont maintenus en vie
psychiquement par un programme de réalité virtuelle...
une poignée d'irréductibles ont la capacité de se
débrancher pour découvrir l'aveuglante
vérité...", (page 12)
1.1
Formation du guerrier:
"L'esprit
conduit le corps qui conduit l'esprit. «Si tu es incapable
d'interpréter l'énergie, comment peux-tu comprendre
l'énergie qui vient de l'adversaire et ainsi utiliser ta propre
énergie pour la faire pénétrer ?" Lorsqu'on
devient éveillé à la sagesse de l'esprit et
à la sagesse du corps, alors l'énergie se meut avec
subtilité. Si elle est seulement connue par l'esprit, elle ne
peut pas être appliquée, mais lorsque le corps
réalise cela, on peut interpréter l'énergie.
Interpréter l'énergie n'est assurément pas chose
aisée »
(page 27).
"Or si l'on a
déjà gagné, pourquoi combattre ? "Si la
tâche de l'Élu dans la Matrice n'est pas de
détruire les agents (ce qui ne sert à rien), mais de
libérer le genre humain de sa servitude, se pose
immédiatement la question de l'utilité des combats....
Tous les maîtres s'accordent sur le fait que la victoire n'est
pas le but ultime et qu'il faut savoir se sauvegarder ou, pour
reprendre une autre proposition spinoziste que « la vertu de
l'homme libre se montre aussi grande à décliner les
dangers qu'à en venir à bout ». Tao sous la formule
:« le potentiel naît de la disposition», (page 31)
Qui en redemande? [2]
1.2
il s'agit d'un "pot-pourri", :
"... allégorie
de la civilisation technique, d'autres une critique du capitalisme,
éloge du bouddhisme, réécriture du Nouveau
Testament, illustration de la Gnose, dénonciation des dangers de
la réalité virtuelle inspirée de Baudrillard,
réalisation en grandeur hollywoodienne d'une
célèbre expérience de pensée du philosophe
américain Putnam, libre adaptation du mythe de la Caverne - la
liste ne saurait être exhaustive... les réalisateurs du
film répondent : c'est tout cela, et plus encore... toutes
les interprétations que vous ferez, et même celles que
vous ne ferez pas, sont intentionnelles..." (page
147)
Mais
l'extension d'un "pot-pourri"
est infinie. [3]

Question
: La
science-fiction a-t-elle le moindre rapport avec le philosophie ?
Aveu: "Mythologie,
théologie, mathématiques, réalité
virtuelle, intelligence artificielle et bi-omécanique : les
lignes de réflexion suggérées par Matrix n'avaient
rien de spécifiquement philosophique..." (page
4:).
Critique facile : "... kitsch
métaphysique et de la profondeur affectée des
dialogues,... beaux discours sur le détournement des signes...
Délayage verbeux, saupoudrage de lieux communs,
méli-mélo philosophant accommodé à la sauce
Star Trek : Platon dans un film de kung-fu futuriste, l'idée
était amusante... Schopenhauer et Descartes, Bouddha et
jésus, les gnostiques et les théoriciens de
l'intelligence artificielle... tout venant qui se
découvrait soudain une expertise en matière de
philosophie ou de science des religions : le bouddhisme en deux heures
dix minutes... ficelle messianique était un peu grosse...
philosophie « de bazar », (page 5).
Voilà le lien, (un
"concept!): cette "machine" pose la question : «Comment
savoir si la réalité n'est pas une vaste illusion ?
». C'est pourquoi on a parlé de blockbuster philosophique...
(Hamelin, philo-prof idéaliste, prétendait ne pas
exister. Pourtant, en fin de cours, il demandait un verre d'eau...)

1.3
Recette souvent dénoncée:
« ...les concepts sont
exactement comme des sons, des couleurs ou des images, ce sont des
intensités qui vous conviennent ou non, qui passent ou ne
passent pas. Pop'philosophie. Il n'y a rien à comprendre, rien
à interpréter. » (Gilles Deleuze [4]).
"Philosophie virtuelle, donc,
c'est-à-dire modulaire. Matrix est un film qui,
philosophiquement, n'est pas terminé. il demande à
être activement « philosophisé »,
illustration plus ou moins grossière d'un thème
platonicien n'a en elle-même strictement aucun
intérêt philosophique," (Page 9)
"Peu importe ce que chacun croit avoir
compris du « message »
de la fable. Matrix n'est pas un film philosophique, pas davantage de
la philosophie mise en film, ni même un film « pour philosophes ».
(page 7)
1.4
On nous complique la vie!
Sommes-nous dans la Matrice ? Trois hypothèses envisageables :

Non?,
car si nous y étions, nous ne devrions pas pouvoir le
savoir aussi facilement....

Oui?,
mais les machines qui l'ont créée ne la contrôlent
plus et les "rebelles" révèlent la
vérité à l'humanité.

Oui?
mais celle-ci est si parfaite que nous refusons de croire à son
existence : le film Matrix pas une œuvre de science-fiction, mais notre
situation réelle. (Aparté: je commence à entrevoir
une réponse au gros problème de la liberté
d'opinion), (page 110):
2/
Commentaire de la "philosophie officielle"
Le fort-en-thème existe en philo: A "j'ai un creux dans
l'estomac", il répond: "Ah le coeur vide de
Pascal!".
2.1 Pourquoi si tard ?
La froggysophie devra expliquer pourquoi elle
descend aux égouts et pourquoi elle prend le train, en retard):
"Le
film a été utilisé par de nombreux philosophes
comme un exemple pédagogique... ***INTERNET Matrix peut
être utilisé comme antidote contre l'«armchair
philosophy», cette capacité philosophes à penser le
monde depuis leur fauteuil sans se soucier des implications pratiques
de leurs réflexions..." (Page 110).
2.2
La technique Guitton-Vinasse à tout justifier
Le cher Guitton était
imbattable à la citation! Incapable de distinguer pas les
mauvais les bons, il aurait triomphé au trivium matrixologique :
"Chez certains philosophes partiellement
sceptiques, comme Platon, Démocrite ou Berkeley, nos perceptions
ne sont illusoires que par rapport à une dimension plus
fondamentale, (les Formes intelligibles, les atomes imperceptibles,
Dieu). Chez d'autres, les pyrrhoniens ou Nietzsche, le monde est une
pure Matrice... L'hypothèse de la Matrice relève moins du
scepticisme que du gnosticisme, cette interprétation du
christianisme selon laquelle notre monde (matériel) est une
illusion et une prison produites par un dieu malfaisant..."
(page 116).
Tous les philosophes mobilisés! Platon, Descartes, Spinoza, Kant,
à côté de Tchouang-tseu
et de Bergson, de Putnam et de Baudrillard, de Deleuze et de Simondon.
"...comme l'a bien montré Bergson... Comme l'explique
Deleuze... Même Platon, qui n'était
pas ami des simulacres... Ce n'est pas ainsi que l'entendent les
métaphysiciens de la simulation.... Sartre a montre dans
l'Imagination... Toujours, , selon Deleuze... Deleuze parle dans ses
livres sur le cinéma d'une "image-perception"... En suivant Bergson, le mouvement peut
être réécrit comme la coupe mobile d'une
durée élastique, à l'image de l'instant... Sieyès ne
comparait-il pas la société à une machine...
Hobbes n'insistait-il
pas sur le fait que qui est une coupe immobile du mouvement...
etc.
La MatriXophie devient moyen de diffuser la philo!
"... il faut se réjouir que
certains spectateurs viennent à Platon par Matrix..." "Comme l'explique Guy Lardreau, la science-fiction « ne mobilise
pas une philosophie, elle a pour son ambition, parfois avouée,
de se substituer à la philosophie. » (page 11). La science
fiction ... projette du même coup sur l'ensemble de notre «
réalité » une atmosphère
d'étrangeté qui n'est pas sans rapport avec l'affect
fondamental de la philosophie, l'étonnement."
Et la philo prolonge la MatriXophie :
"...la
philosophie peut intervenir au point où la science-fiction
risque de basculer tout entière dans l'imaginaire : il lui
revient alors de dégager, derrière les thèmes et
les actions, des procédures singulières, afin de les
prolonger dans son ordre... La philosophie entretient un rapport
opératoire à la science-fiction..."
(page 12).
"La MatriXophie donne à
penser, fait résonner chaque problème avec tous les
autres et crée une profondeur semblable à celle de deux
miroirs placés l'un en face de l'autre..." (page
155)
2.3
Enculage par coulée continue facile:
"...l'apprentissage
de Neo concerne l'attitude pratique qu'il doit adopter à
l'égard des différents niveaux de la
réalité, dont il a découvert théoriquement
l'existence..." Commentaire: "Pour Socrate,
il s'agissait de s'occuper de son âme plutôt que de son
corps en pratiquant et cherchant à définir les vertus
morales. Pour Platon, cela n'est réalisable que par la
connaissance de réalités intelligibles auxquelles
l'âme ne peut accéder qu'en se détournant des
choses sensibles." (page 37)
Neo
doit "embrasser l'illusion elle-même d'un regard lucide et
maîtrisé..."
Commentaire:
"Alors que le prisonnier libéré de Platon trouve son
bonheur suprême dans les Formes intelligibles et doit être
forcé à redescendre dans la Caverne (le monde des
sensations et des plaisirs), la majeure partie des scènes de
Matrix se déroulent à l'intérieur de la Matrice ou
de programmes de simulation, même une fois que Neo a
été libéré.
" Le monde décrit dans Matrix
évoque le monde totalitaire... Commentaire: ce que Popper nomme une « société
close », par opposition aux sociétés
libérales et démocratiques, ou «
sociétés ouvertes ». Et au Panoptique de Bentham, c'est-à-dire à cette
surveillance totale, cette transparence absolue que son inventeur
réservait aux prisons..."
(page 45)
Moi, je me rappelle mes
années en Afrique et les Moscou-missi expliquant la
marxouille dans les kawa-boui-boui. (Note pour courageux [4] et ajout
pour qui entrevoit les possibilités pour se défendre des
nouveaux Inquisiteurs...) [5]
3/ Tout
film-fiction prêt pour la sauce philo-matriXienne!
Réponse sur un
plateau ! par comparaison avec deux autres films, (eXistenZ,
Cube), où, "la fable est de
façon explicite connectée à des questions
philosophiques constituées... comme chez Platon, à la fin
de La République, voire la cosmologie du Tirnée ...Lardreau
étudie
Fondation, d'Asimov, et Dune, de Herbert, (la thèse trouve son
concept dans la philosophie de Leibniz," (page 121)
Dans eXistenZ:
"on est endormi, et un jeu vous
projette dans ce monde fictif, par les moyens de divers branchements
sur votre système nerveux. Il s'agit en somme d'un
réalisme ludique utilisant la structure neuronale du
rêve.... l'univers naturel n'est ni évidemment aboli,
comme dans Cube, ni historiquement détruit, comme dans
Matrix... L'existence (titre du film) est seulement une
évidence qui flotte entre réalité, jeu, jeu dans
le jeu et méta-jeu..." (page 124)
"Cube traite la
question : "qu'est-ce qu'un
sujet, si la totalité du monde naturel lui est retirée ?
... enquête kantienne, transcendantale : que se passe-t-il si on
modifie de fond en comble les conditions minimales de
l'expérience ? Quelle structure constituante demeure ? la
réponse du film est tout à fait kantienne elle aussi. Il
reste d'un côté la mathématique pure - en la
circonstance, nous le verrons, la théorie des nombres premiers
-, de l'autre l'intuition pure, dont la condition est la
sainteté (ou l'idiotie)... (page 125)
Matrix traite
la question : qu'est-ce qu'un sujet qui lutte pour
échapper à l'esclavage du semblant, lui-même forme
subjectivée de l'esclavage biologique ? Programme platonicien :
comment sortir de la Caverne ? La réponse pas encore
donnée dans le premier épisode, semble devoir s'orienter
vers la glose néo-platonicienne. Un « élu »
est programmé pour mener le combat manichéen du
réel contre le semblant, lequel semblant, en théologie
platonicienne cohérente, n'est autre que l'être -
c'est-à-dire le non-être - du Mal.
eXistenZ traite
la question : qu'est-ce qu'un
sujet qui ne peut s'assurer, S'agissant du monde qui l'entoure, d'une
clause ferme d'existence objective ? Qu'est-ce en somme que le sujet
de Epoche transcendantale...

"Cube
emprunte son schéma au film-catastrophe. "Un
groupe disparate d'humains ordinaires, nullement préparés
à quoi que ce soit d'exceptionnel,..."
Matrix
s'apparente plutôt au film « de patrouille », "largement issu du western et du film de
guerre... un chef idéologue, un rallié mystérieux,
une femme séduisante, un traître..."
Existenz
ressemble à un film de poursuite... "Un couple traverse
les périls du monde du semblant..." (page 126)
"La
fable kantienne
suppose
que l'on explore les capacités et limites de la conscience
ordinaire. La fable platonicienne,
l'héroisme de la conversion, qui vous détourne violemment
du semblant. La fable husserldienne,
l'incertitude idéaliste de l'objet, sa soumission aux
interprétations... Un problème est commun aux trois
films, le problème fondamental de la connaissance : qu'est-ce
qui, de l'intérieur de notre capacité à
connaître, atteste que c'est bien du réel qu'il s'agit
dans notre connaissance ? "(on peut trouver des
analogies sans fin , [6] (pages
126/7).

3.1
Qui fait courir nos "froggy-sophistes"?
Un film purement américain
mais adapté à la France, pays devenu
spécialiste en récupération-inversion et
langage-cureton. Occasion de montrer que la vraie philosophie peut
faire rentrer les manœuvres "à la petite
semaine" dans un (très grand) ensemble. Selon
règle d'Einstein: "Il y a peu d'idées", surtout chez les
satammistes.
Problème à
résoudre ? stopper une déviation non
prévue, (comme toujours), la "petite
délinquance généralisée". Le sport,
(genre jeux romains limité foot-ball), est remède pire
que le mal. Or l'abrutissement par mauvaise utilisation de l'ordinateur
est connue et dénoncée depuis longtemps. En donnant des
lettres de philo-noblesse à l'élucubration
matrixtérique, on pense sortir les jeunes, (à qui on ne
procurera jamais des emplois), des "mauvaises compagnies"
? Jusqu'au jour où on comprendra que ce remède est
également pire que le mal.
Dans ce cas, nos froggysophers
rejoignent les "athéo-chrestiniques" prêchant le "religieux sans
religion"!

3.2 Je propose un bien meilleur emploi de la salmiXophie,
(suis-je pris au piège de l'interprétation?)
Un nouveau langage est
né, qui échappe à la néo-censure, aux
Néo-Inquisiteurs? Il permet de masquer la réalité
dans l'inaccessible virtuel.
Alors, je pourrai conter "mon incroyable
traversée du 20ème siècle", on pourra
conter la Barthélémy industrielle, maquiller
Dreyfus en espion virtuel, Roosevelt en chef indien anti-yideast,
Hitler en diacre copte, Pio Duce en directeur de la CIA...
Révéler la revanche du YidEast : "comment piquer le
beurre et l'argent du beurre ? ", "comment
téniaïser un ténia!"
Je vais battre le Da Vinci
Couille !
 |
G.
Lelarge,
"philoManager",
Ingénieur
informaticien,
(Poly of Enfield, National Computing Center, 1970-1973),
inscrit
expert
au Bureau
international du travail, (1971 à retraite) suite
à
contribution informatique, (1965), jugée exceptionnelle par spécialistes
du Management. Intervention comme consultant dans 175
entreprises,
(50 à 80.000 employés): Philips, IBM WORLD TRADE,
SONATRACH,
Ministères Algérie, Venezuela..., Mines du Zaïre, etc... |
NOTES
(j'explique le derrydadaïsme dans
la ligne "prout-bidets",
"Pourquoi des
confidents de Zeusio ont-ils
besoin de philosophie ? de "doctores que pueden contestar a todo y
todos")

2/ "...la
navigation dans un espace virtuel
consiste à localiser un corps virtuel (« avatar »)
dans la réalité
virtuelle, d'une manière qui ne dépende pas uniquement
des conventions
topographiques du monde-simulacre, ni du niveau purement syntaxique ou
computationnel symbolisé par les dégoulinades de code
vert...", (page
140)
" Les modes d'existence de la matière
et de l'esprit nous renvoient
toujours à différents degrés de contraction ou de
dilatation de la
durée ; la perception elle-même n'est qu'un repli du Tout
où coexistent
une multitude de durées ou multiplicités virtuelles.
C'est pourquoi les
lois de la nature peuvent être courbées ou
pliées... les mouvements
réels ne se définissent plus par des différences
de quantité
(direction, vitesse, accélération, etc.) : ils
sont, selon Bergson, «
la qualité même, vibrant
pour ainsi dire intérieurement et scandant sa
propre existence en un nombre souvent incalculable de moments »...
(Page 145)

3/ "On se plaît
alors à relever les allusions, à décoder
les messages, à interpréter ... le lapin blanc à Lewis
Carroll,
la
mythologie grecque... à forte notation religieuse (Trinity) ou
mythologique (Morpheus,
l'Oracle, Perséphone), au symbolisme
ésotérique
des chiffres omniprésents, 101 pour l'Élu en code
binaire, 303 pour la
trinité, ... le livre de Baudrillard, "Simulacres
et Simulation", les
citations osées (« Connais-toi
toi-même », la
maxime delphique inscrite
en latin..."
"... référence au problème du
« contrôle » posé par la cybernétique
de
Norbert
Wiener,
peut-être aussi à l'hypothèse du Malin Génie
de
Descartes et, plus
généralement, aux problèmes de la philosophie
analytique de l'esprit développés dans le contexte d'une
réflexion
philosophique sur l'intelligence Artificielle...

4/ Page
47:
"Que Neo choisisse la recherche de la vérité... Commentaire:
ne fait pas seulement de lui une figure philosophique,
voire la figure même du philosophe, elle le rattache à une
idée
particulière de la philosophie, celle des présocratiques,
ou encore de
Heidegger. Elle le distingue ainsi de toute une tradition qui remonte
aux sophistes et à Socrate : c'est en effet avec eux que le
problème du
bonheur, comme celui de l'homme, vient au premier plan. Un texte de Marcel
Conche souligne bien ce point « Les Antésocratiques
n'avaient souci que de la vérité. Le terme
eudémonia [bonheur] n'apparaît guère qu'avec les Sophistes
... Marcel Conche s'oppose ainsi à Heidegger,
en affirmant que l'essence extatique du Dasein est
à penser, non à partir du souci mais de la liberté
(Freiheit)...
"Cette
liberté... entraîne ainsi l'interrogation
métaphysique de-même... sur
la structure du réel « en totalité », comme
aurait dit un certain Heidegger.
Par la question nétaphysique (pourquoi y a-t-il quelque chose
plutôt que rien ? ... Heidegger(page
59).
"Sommes-nous dans la Matrice ? Commentaire:
N'était-ce pas, finalement, ce que voulait dire Platon quand il
faisait
du Bien le soleil de ses Idées; et Nietzsche encore, quand il
traquait
sous les questions mêmes de métaphysique des
évaluations implicites ?
(page 62) "Mais Matrix
va
plus loin que Heidegger.
Car l'Élu rencontre un troisième niveau du choix...
(page 60).
"...le choix y est toujours déjà fait. Commentaire:
Si Neo est un Christ, il ne l'est pas d'être d'emblée
installé dans le
règne du divin, fils d'un Dieu absent et modèle du
rêve
d'auto-détermination absolu... Le traitement de cette question
du
choix, présentée comme centrale, peut évidemment
faire penser à
Nietzsche ou Spinoza (sur les causes et les effets, la coïncidence
de
la liberté et de la nécessité, l'amour
intellectuel de Dieu qui
caractérise le sage)... (page
70).
expliquait, dans Être et temps, que la possibilité de
poser la question
de l'être (ce que veut dire le fait d'être pour un
étant, et non pas
seulement ce qu'est un étant - question, elle, a physique
», qui peut
par exemple aboutir à la conclusion qu'un étant est une
fonction
quantique, voire une configuration de bits... propre à un
étant » ...

5/ Page
156; "« Matrix », c'est cette chose que tous les
langages désignent.... En donnant le sentiment d'un langage
commun, Matrix (le mot, le film, la chose) donne une profondeur
à tous les discours. ... Commentaire: "il s'agit
seulement d'une sorte de convertisseur symbolique
qui, en rendant convertibles les langages les uns dans les autres,
donne le sentiment d'un Quelque chose énigmatique dont il est
question
depuis toujours. On peut bien sûr trouver un peu
mélancolique que ce
quelque chose ne soit finalement lui-même qu'un signe et
même un signe
vide,...
Page 40/41: " Neo
combine donc la connaissance symbolique
générale du code et la perception immédiate et
singulière des contenus
de la Matrice, l'envers et l'endroit de la réalité
virtuelle... Commentaire: Cette vision digitale
qualitative peut-elle entrer dans une allégorie épistémologique
comme le niveau le plus élevé de la recherche de la
vérité ? Cela dépend de la conception
philosophique de la connaissance que l'on adopte. On voit mal à
quoi elles peuvent correspondre dans l'épistémologie platonicienne...
On trouve en revanche chez Spinoza
une forme de perception qu'il nomme « troisième genre de
connaissance »
« Notre Esprit, en tant qu'il se connaît, ainsi que le
Corps sous une
espèce d'éternité, a en cela nécessairement
la connaissance de Dieu, et
sait qu'il est en Dieu et se conçoit par Dieu. »
(Éthique V, prop. 30).
L'Oracle explique que Neo «
voit le monde sans le temps ». Commentaire:
Le modèle du troisième genre de connaissance, selon
Spinoza, permet en
effet à l'esprit de comprendre les choses - sous une
espèce
d'éternité...
Page 71:
"...Deux types de réponses qu'auraient pu donner Spinoza ou
Nietzsche à
la question du choix... Ce que les philosophes thématisent en
terme de
concepts (de degré de conscience, d'éternel retour
», d'amour
intellectuel de Dieu, etc.)...
Page 72:
" les oppositions comme celle de la ligne et du cercle sont toujours
des « arrêts sur image » de formes qui
évoluent et se transforment les
unes dans les autres. Leibniz était également parvenu
à cette idée
centrale qu'«il n'y a jamais ni globe sans
inégalités, ni droite sans
courbures entremêlées, ni courbe d'une certaine nature
finie... Revenir
à la logique du pli, comme l'avait bien vu Deleuze lisant
Leibniz, Nous
comprenons alors l'erreur de Leibniz...
Page 73:
Nous comprenons alors l'erreur de Leibniz : non seulement, le monde
binaire et machinique n'était pas la vérité du
monde des oracles,...
Mais nous pouvons insister sur l'intérêt que
présente ce cheminement
pour celui qui voudrait poursuivre le dialogue engagé par
Leibniz.
Comme le remarquait F. Jullien...
Page 75:
"... notre pensée allégorique n'est plus une
pensée active, mais une
pensée qui ne cesse de remettre ou de différer. Elle a
remplacé la
puissance de décision par le pouvoir du jugement » (Gilles
Deleuze)....La pensée de Heidegger a rendu sensible à
cette histoire où
la physique sert de matrice au projet d'un arraisonnement technique et
conduit, à l'inverse de son intention première, à
l'aliénation la
profonde.
Page 78:
"Exemple presque caricatural d'une situation de choix ~ semblable
à
ceux dont les philosophies morales utilitaristes se servent pour
confondre leurs adversaires « kantiens »
Page 79:
"Neo devient effectivement l'Anomalie, incapable d'assumer un
rôle
auquel ne correspond aucune fonction, ni dans le sens
mathématique ni
dans le sens courant.
Page 80:
" C'est que l'amour ne relève pas de la psychologie, mais de
l'ontologie. Il désigne une figure de la nécessité
qui ne se confond ni
avec la causalité mécanique de la matière, ni avec
le calcul finalisé
de l'esprit, mais avec la puissance d'une singularité, qui
libère tous
ses effets en affirmant son irréductibilité. On pense
à Spinoza :
l'amour intellectuel de Dieu est l'expérience de la
nécessité dans
l'avènement d'une singularité pour elle-même.
Page 109:
"Cette possibilité a été formulée, sous des
formes très diverses, par
d'innombrables philosophes ou penseurs depuis l'Antiquité : on
les
regroupe généralement sous l'appellation « sceptiques
»... Les sceptiques
antiques invoquent souvent des récits mythologiques dans
lesquels un
personnage est trompé par des hallucinations produites par les
dieux. À
l'époque où Descartes élabore son fameux «
doute hyperbolique », ce
sont les dramaturges, comme Calderon dans "La vie est un songe" ou Corneille
dans "l'illusion comique"... l'hypothèse sceptique
proposée par le philosophe Hilary Putnam, celle des
« cerveaux dans une cuve », (Raison, Vérité
et Histoire, Minuit 1984...)

6/ 
Dans eXistenZ
et dans Matrix,
il s'agit de trouver une procédure de discrimination, de
l'intérieur
d'un régime de l'apparaître (le jeu, ou la Matrice), entre
ce qui est
réel et ce qui n'est qu'un semblant de réel.

En revanche,
dans Matrix,
la question est posée de façon radicale. II s agit en
effet, non pas de
se mouvoir dans l'indécision, mais de soutenir l'épreuve
du réel face
au semblant. L'élu parvient à savoir que les ombres ne
sont que des
ombres.

Dans Cube,
conformément à une postulation de-type kantien, le problème
est celui
des limites de la connaissance, de l'impossibilité, pour
l'entendement
humain, de déterminer l'être de ce qui apparaît....